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Surpoids et obésité de l’enfant : ne pas attendre pour agir !

Dr Laurence PLUMEY, Médecin Nutritionniste.

Praticien hospitalier et fondateur de l’Ecole de Nutrition www. epm-nutrition.org

Le surpoids chez un enfant lui pose problème tant à court terme qu’à moyen et long terme. En effet, non seulement ses kilos en trop le gênent physiquement et moralement – mais ils peuvent aussi s’incruster et perdurer durant sa vie d’adulte, l’exposant à toutes les complications que l’on connaît, tant psychologiques qu’organiques. Voilà pourquoi il est fondamental, non seulement de réagir très vite pour ne pas laisser s’installer et s’aggraver cette obésité – mais il est encore plus important de prévenir le surpoids de l’enfant.

Surpoids et obésité de l’enfant : ne pas attendre pour agir !

En France, il y a trop d’enfants en surpoids.

Certes la situation est encore pire ailleurs (USA, Chine, Mexique …) mais la situation n’est pas brillante en France.

En effet, actuellement on estime que 17% des enfants sont en surpoids (un enfant sur six) dont 4% souffrent d’obésité (un enfant sur 25 – données de l’étude Esteban). Cette situation semble stabilisée depuis 5 à 10 ans du fait des campagnes de sensibilisation et d’information sur l’importance de mieux manger et de bouger davantage. Il est d’ailleurs intéressant de noter que si cette stabilité concerne les enfants, en revanche elle ne concerne pas les adultes qui continuent, eux , de grossir davantage d’année en année. Sans doute, le reflet du célèbre adage "Fais ce que je dis, mais ne fais pas ce que je fais".

A noter... Autre notion intéressante, la prévalence de la maigreur a augmenté ; elle est passée de 8 à 13% en 3 à 4 ans et concernerait même quasiment 19% des adolescentes ! Ce qui veut dire aussi que les comportements extrêmes ont la côte chez les jeunes !

Et dans le Monde ?

Selon les données de l’OMS, le nombre de jeunes enfants (de 0 à 5 ans) en surpoids ou obèses dans le monde s’est accru, passant de 32 millions en 1990 à 41 millions en 2016. Rien que dans la Région africaine de l’OMS, le nombre d’enfants en surpoids ou obèses est passé de 4 à 9 millions au cours de la même période. Dans les pays en développement à économie émergente, la prévalence du surpoids et de l’obésité infantile chez les enfants d’âge préscolaire est supérieure de 30%. Si la tendance actuelle se poursuit, le nombre de nourrissons et de jeunes enfants en surpoids atteindra 70 millions à l’horizon 2025 ! Il est donc urgent d’agir.

Enfant trop « enveloppé ». Quelles conséquences pour lui …

Tout d’abord, un enfant souffre très souvent de ses rondeurs parce qu’il sent le regard des autres ; il est d’ailleurs souvent l’objet de moqueries très blessantes qui atteignent au plus profond de lui la confiance et l’estime qu’il a de lui et de son corps. Par ailleurs, il se sent vite essoufflé et peut se plaindre de douleurs voire de déformations articulaires (scoliose, déformations des genoux). De plus, cette graisse s’installe. On estime en effet qu’au delà de 10 ans, un enfant en surpoids a environ 70% de risques de le rester à l’âge adulte. Or, chacun le sait bien, à long terme, l’obésité augmente considérablement le risque de maladies cardio vasculaires via l’HTA, le diabète, l’augmentation du taux de mauvais cholestérol – mais aussi le risque de cancers. Ainsi, chez un enfant, veiller à une évolution correcte de son poids c’est lui offrir une bonne assurance vie.

Qu’est ce qui fait grossir un enfant ….

Un enfant grossit tout simplement quand il ne bouge pas assez et qu’il mange trop gras et trop sucré. C’est aussi simple que cela. Cela commence insidieusement avec le sirop dans le biberon d’eau, les desserts sucrés, les bonbons et biscuits à gogo, les frites et les pâtes plus que de raison, la bouteille de soda à table et les mercredis et week end dans le canapé à regarder la télé ou à jouer aux jeux vidéos.

Ces situations sont très fréquentes, surtout dans les familles à faible revenu, mais pas que … La perte progressive du goût de l’effort s’infiltre peu à peu dans les habitudes familiales et la voiture remplace les jambes. Les industriels nourrissent les familles et le temps passé à cuisiner rétrécit dangereusement.

Autre danger : la minimisation du problème. Beaucoup de parents ne s’inquiètent pas des rondeurs qui s’accentuent chez leur enfant – en pensant qu’il finira par s’affiner en grandissant. C’est une erreur, car la puberté est au contraire la période de tous les dangers ; la sécrétion hormonale peut être un facteur aggravant du surpoids. Dès qu’un enfant s’arrondit et qu’il s’éloigne des courbes de corpulence de référence (d’où la nécessité de les mettre à jour chaque année), il faut réagir et ne pas laisser s’aggraver la situation.

Comment faire maigrir un enfant en surpoids …

Tout d’abord il faut repérer toutes les sources de sucre et en diminuer la consommation. Il ne s’agit pas de supprimer le sucre et les produits sucrés, mais d’en faire une consommation raisonnable et d’habituer l’enfant a des goûts moins sucrés. Au début, il fera un peu la grimace puis peu à peu il s’y habituera. Voici donc quelques conseils simples :

  • Au petit déjeuner, préférer le pain aux céréales. Sur le pain, mettre très peu de confiture ou de pâte à tartiner à la noisette (racler avec un couteau). Si l’enfant persiste dans l’envie de manger des céréales, pourquoi pas mais dans ce cas, ne pas dépasser 30g et privilégier les céréales qui ont moins de sucres simples (nature, muesli, fromage blanc). Compléter avec du lait ou du fromage blanc et éventuellement des fruits rouges ou des fruits coupés en morceaux.
  • Au déjeuner, habituer l’enfant à manger des légumes à quasiment chaque repas, qu’ils soient en crudités ou cuits en compagnie des féculents. Au début, il réclamera ses pâtes, mais peu à peu, en cuisinant bien les légumes (avec un peu de crème fraîche allégée ou du gruyère râpé ou de la sauce tomate) il aimera. Proposer au dessert pain et fromage ou yaourt nature et compote nature … plutôt qu’un dessert sucré. Pas de boisson sucrée à table, mais de l’eau.
  • Au goûter, à la maison, privilégier le fruit et un laitage (ou pain et fromage) et limiter la consommation de biscuits à 2 ou 3 (selon l’âge) ; éviter les viennoiseries, les bonbons et les gâteaux.
  • Au dîner, privilégier les légumes (en soupe, cuits ou crus) avec un peu de féculents. Viandes ou poissons peuvent être donnés éventuellement également au dîner, mais seulement à partir de l’âge de 10 ans. Avant cet âge, ce sera un repas végétarien. Eviter charcuterie, fromage, sauces et desserts sucrés. Terminer par un yaourt nature avec un fruit frias ou une compote sans sucre ajouté. Boire d el’eau à table.

Et bien évidemment favoriser l’activité physique et faire en sorte que l’enfant soit en forme et  pour cela :

  • Pas de dodo après 23 heures. Un jeune enfant doit aller au lit au plus tard entre 20h30 et 21h. En se levant vers 7h du matin, il a ainsi les 10 heures de sommeil dont il a besoin. Un enfant en manque de sommeil bouge moins et est beaucoup plus attiré par les féculents et produits sucrés.
  • Lui proposer des activités sportives le mercredi et le week end. Aux parents de donner l’exemple, aussi.
  • Limiter le temps de télévision, de facebook et d’ordinateur. Au maximum 1 heure par jour.

Sachez qu’un enfant aime naturellement bouger et qu’il ne demande pas à manger sucré si on ne le lui propose pas. Aux parents d’habituer très tôt leurs enfants à manger un peu de tout en quantités raisonnables et à prendre plaisir à faire du sport. En somme, être dans le juste équilibre et le bon sens – le tout dans une dynamique familiale saine et bienveillante. L’enfant en sera le premier récompensé.

Pour en savoir plus : Le Grand Livre de l’Alimentation. Dr Laurence PLUMEY. Ed Eyrolles.

Faute d’intervention, les nourrissons et les jeunes enfants obèses le resteront vraisemblablement pendant leur enfance, leur adolescence et à l’âge adulte.

  • L’obésité infantile est liée à toute une série de complications sanitaires graves et à un risque accru d’apparition précoce de maladies, dont le diabète et les cardiopathies.
  • L’allaitement exclusif au sein jusqu’ à l’âge de six mois est un bon moyen d’empêcher les nourrissons de devenir obèses.

Facteurs contribuant à l’obésité chez le nourrisson et l’enfant

Tous les aspects de l’environnement dans lequel l’enfant est conçu, naît et est élevé, peuvent contribuer au risque de surpoids ou d’obésité. Pendant la grossesse, le diabète gestationnel (une forme de diabète survenant pendant la grossesse) pourra se traduire par un poids de naissance accru ou un risque d’obésité ultérieur.

Le choix d’une alimentation saine pour les nourrissons et les jeunes enfants est décisif car les préférences alimentaires s’établissent très tôt. Donner aux nourrissons des aliments énergétiques, riches en graisses, en sucres et en sel est l’un des principaux facteurs de l’obésité infantile.

Le manque d’information sur la façon de bien se nourrir et le fait que les aliments sains soient peu disponibles ou abordables contribuent au problème. La commercialisation offensive des aliments et des boissons énergétiques auprès des enfants et des familles l’exacerbe encore davantage.

Dans certaines sociétés, les normes culturelles enracinées de longue date (comme l’idée largement répandue qu’un gros bébé est un bébé en bonne santé) pourraient peut-être encourager les familles à suralimenter leurs enfants.

Le monde de plus en plus urbanisé et numérisé offre de moins en moins l’occasion de pratiquer une activité physique salutaire sous forme de jeu. Le surpoids ou l’obésité réduit encore les possibilités qu’ont les enfants de participer à des activités physiques collectives. Ils deviennent alors moins actifs encore sur le plan physique, d’où le risque d’engrenage ultérieur.

Prévenir l’obésité infantile

Le surpoids et l’obésité sont dans une large mesure évitables. L’appui des politiques, des environnements, des écoles et des communautés est fondamental pour déterminer les choix des parents et des enfants, leur permettre de choisir des aliments plus sains et rendre plus facile (accessible, disponible et abordable) le choix d’une activité physique régulière, et prévenir ainsi l’obésité.

Pour les nourrissons et les jeunes enfants, l’OMS recommande:

  • la mise au sein de l’enfant dans l’heure qui suit la naissance;
  • l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie;
  • L’introduction d’aliments de complément (solides) sûrs et adaptés sur le plan nutritionnel à 6 mois, tout en poursuivant l’allaitement maternel jusqu’à l’âge de deux ans et au-delà.

Les aliments de complément doivent être riches en nutriments et donnés en quantités adéquates. À 6 mois, les personnes qui s’occupent de l’enfant devront introduire les aliments en petites quantités et augmenter progressivement les rations à mesure que l’enfant grandit. Les jeunes enfants doivent avoir une alimentation variée, comprenant de la viande, du poisson et des œufs aussi souvent que possible.

Les enfants d’âge scolaire et les adolescents devraient:

  • limiter l’apport énergétique provenant de la consommation de graisses et de sucres;
  • augmenter la consommation de fruits, de légumes, de légumineuses, de noix et de céréales complètes;
  • pratiquer une activité physique régulière (60 minutes par jour).

L’industrie alimentaire peut jouer un rôle non négligeable pour réduire l’obésité de l’enfant en:

  • abaissant la teneur en graisses, en sucres et en sel des aliments manufacturés pour nourrissons et jeunes enfants;
  • garantissant à tous les consommateurs la disponibilité d’aliments sains et nutritifs et leur accessibilité économique;
  • pratiquant une commercialisation responsable ciblant les parents de nourrissons et d’enfants.

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